France 5L

1. Le Projet France 5L

    L’ESSEC, par l’intermédiaire de la Chaire Santé, a initié  le  projet de recherche FRANCE-5L, dont l’objectif est de mettre à la disposition de la communauté académique, institutionnelle et industrielle, un outil performant de mesure de la qualité de vie liée à la santé. Cet outil doit permettre de valoriser les résultats des innovations thérapeutiques, dans la perspective de réaliser des analyses de l’efficience de celles-ci.  

En particulier, les valeurs attachées à différents états de santé permettent de calculer le nombre d’années de vie gagnées pondérées par la qualité de vie (Quality Adjusted Life Years ou QALY), qui est devenu la mesure de référence des résultats des actions, produits et programmes de santé.

Le responsable scientifique de ce projet est le Professeur Gérard de Pouvourville, PhD, titulaire de la Chaire. Il est assisté de Luiz Flavio Andrade de Oliveira, Docteur en économie de la santé et ingénieur de recherche à la Chaire Santé. Il  est réalisé en collaboration avec le consortium de recherche EUROQOL, qui a développé le questionnaire de référence en matière de description des états de santé liés à la qualité de vie, EQ-5D.

Ce questionnaire prend en compte la qualité de vie sur cinq dimensions : mobilité, autonomie de la personne, activité courante, douleur et gêne, anxiété et dépression. L’impact sur chacune de ces dimensions est, dans la version la plus usitée à l’heure actuelle, mesuré sur trois niveaux : pas de problèmes, des problèmes modérés, des problèmes extrêmes.  Malgré le caractère robuste de l’outil, la communauté des utilisateurs a jugé que cette version ne permettait pas de discriminer suffisamment les effets d’un traitement sur la qualité de vie, et une version utilisant cinq niveaux de sévérité a été développée. La version française de ce questionnaire a été réalisée et validée en France par la Chaire Santé de l’ESSEC. Elle permet la description de 3125 états de santé.

Pour être utilisable dans le cadre d’une étude d’efficience, il est nécessaire d’associer à chacun de ces états l’utilité, ou la valeur, qui leur est attribuée par la population française. Ceci implique un travail d’enquête en population générale, puis d’analyse statistique des résultats, pour aboutir pour chaque état à un index d’utilité compris entre – 1 et + 1. Ce travail a déjà été réalisé en 2009 par la Chaire ESSEC Santé pour la version antérieure et sert de référence à la Haute Autorité de Santé, pour les études d’efficience présentées par l’industrie.

Aujourd’hui, au regard des progrès apportés par la version dite à cinq niveaux, il est devenu impératif de procéder à un travail équivalent dans le contexte français. C’est l’objectif du projet de recherche présenté ici. Dans le compte rendu de sa séance du 13 juin 2017, au cours de laquelle le projet de recherche a été présenté par l’ESSEC, la Commission d’Evaluation Economique et de Santé Publique (la CEESP) de la HAS conclut de la façon suivante :

« A l’issue des discussions, la CEESP souhaite insister sur l’intérêt de l’utilisation de l’EQ5D-5L en lieu et place de l’EQ5D-3L. »

2. Méthode

    La valorisation des états de santé générés par le questionnaire EQ-5D repose sur la conduite d’une enquête en population générale, sur un échantillon représentatif de 1000 personnes sélectionnées sur la base de critère de sexe, âge, et de localisation géographique. Cette enquête utilise le logiciel EQ-VT, développé par le consortium EUROQOL. Deux techniques sont utilisées pour évaluer les préférences relatives des répondants entre les états de santé du questionnaire. La première repose sur la technique de l’arbitrage temporel (Time Trade Off) : la personne interrogée doit déterminer à quel sacrifice de vie en bonne santé elles seraient prêtes à consentir pour éviter de vivre un état de santé dégradé pendant un temps donné. La deuxième technique est plus simple : elle conduit à demander à la personne interviewée de choisir entre deux états de santé celui qu’elle préfère (technique de choix discret ou discrete choice).

La Chaire ESSEC Santé a confié à TNS-SOFRES, société du groupe Kantar, la réalisation de cette enquête. Ce choix a été dicté par l’excellente collaboration et professionnalisme de l’équipe d’enquêteurs de cette société, déjà démontrée dans le cadre de la première étude réalisée en 2008.

Une analyse économétrique des résultats de l’enquête permet alors d’obtenir des « valeurs » pour chaque état de santé, qui seront mobilisées dans les études d’évaluation économique des actions de santé.

L’enquête commencera fin février pour se terminer au 15 juin 2018. Les résultats finaux sont attendus pour le mois d’octobre 2018.

Le projet de recherche a reçu le soutien financier d’EUROQOL et des entreprises pharmaceutiques suivantes, sous la forme d’un soutien à la recherche sans contrepartie : Abbvie, Amgen, Biogen, Bristol Myers Squibb, Janssen, Lilly, Merck Sharpe & Dohme, Novartis, Roche et Sanofi. Nous remercions ces organisations de leur confiance. Nous remercions également le LEEM qui a  facilité l’interaction entre l’ESSEC et les entreprises pharmaceutiques membres  pour le soutien à ce projet.

 

Gérard de Pouvourville, PhD

Professeur titulaire de la Chaire ESSEC Santé

pouvourville@essec.edu

andrade@essec.edu 



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